
Alger au XIXe siècle : l’espace perspectif dans une thèse d’urbanisme
Une thèse présentée à l’École polytechnique d’architecture et d’urbanisme d’Alger propose d’analyser la capitale algérienne du XIXe siècle à travers le concept d’« espace perspectif », en évitant les lectures purement coloniales et en s’appuyant sur trois axes d’étude : la ville, la période et la méthodologie.
L’essentiel
- Thèse soutenue à l’EPAU d’Alger
- Analyse de la ville comme laboratoire urbain
- Utilisation du concept d’« espace perspectif » pour dépasser la lecture coloniale
L’auteur, récemment diplômé de l’EPAU, a présenté son travail de doctorat intitulé « L’espace perspectif dans l’aménagement d’Alger au XIXe siècle ». Il décrit ce mémoire comme le point d’aboutissement d’une longue carrière professionnelle, où les questionnements théoriques rencontrent le terrain.
Une approche tripartite Le projet s’articule autour de trois dimensions. D’abord, Alger est présentée comme un laboratoire urbain privilégié, grâce à son histoire riche et à la résistance de son territoire aux extensions. Ensuite, le XIXe siècle est considéré comme une période phare de la planification urbaine, rappelant les débats de Attilio Petruccioli sur la réhabilitation des îlots et des espaces publics. Enfin, le concept d’« espace perspectif » sert à dépasser la simple périodisation « XIXe/XXe siècles » souvent liée à la colonisation, afin d’éviter une lecture orientaliste selon Edward Said.
Déconstruire les lectures coloniales En s’appuyant sur les travaux de Manfredo Tafuri, l’auteur insiste sur le fait que chaque objet d’étude porte une double dimension historique : celle des idées qui le définissent et celle de l’objet lui‑même. Il propose ainsi de lire la ville de l’époque non pas comme une simple « ville arabe » ou « ville coloniale », mais comme un espace où se croisent multiples influences culturelles et techniques.
Sources : Maghreb Emergent


